CHICO and The GYPSIES , c'est 14 personnes en tournée

BOUCHIKHI Chico “CHICO”leader et fondateur du groupe Chico & the Gypsies
GIMENEZ Manolo " MANOLO " Une des plus belle voix gitanes actuelle.
GAUTIER Joseph “JOSEPH” Guitare et chant , la nouvelle génération avec tout son apport de modernisme.
BALIARDO Christophe " KEMA " Un guitariste virtuose, il n'est autre que le petit-fils de Manitas de Plata, bon sang ne saurait mentir…
BOURGUET Alain " BABATO " Le plus jeune du groupe, accompagne à la guitare et au chant avec une énergie incroyable.
FARRE Jean " TANE " C'est
le seul membre du groupe à savoir lire la musique, c'est un mordu de
salsa, qui possède aussi cette voix de velours qu'on entend sur
“Canta me”.
Régulièrement, Chico invite dans son spectacle, des artistes extraordinaires, tels :
le prestigieux Manitas de Plata , Clavijo danseur Gitan de Séville,
Ishtar d' Alabina, Nina Corti Star du Flamenco …
.
Les projets de Chico :
Un livre racontant son incroyable itinéraire, sa vie de citoyen de la paix autant que de vedette du show business
Chico , l'homme blanc devenu chef chez les gitans.
Hier fondateur des Gypsy Kings , devenu aujourd'hui envoyé spécial de l'UNESCO pour la paix, après avoir créé sa nouvelle formation Chico and the Gypsies , Chico Bouchiki, alias Chico , n'est pas un gitan comme on le croyait,
mais un beur né de parents maghrébins en 1954 en Arles.
Chico n'était décidément pas fait pour
l'école. Cela rendait furieux son père, Mohamed Bouchikhi. Il ne savait
pas quoi faire de son petit. Qu'allait-il devenir? Mama, la mère,
faisait ce qu'elle pouvait. Mais il n'y avait rien à faire. Le
désintérêt de l'enfant faisait perdre leurs moyens aux instituteurs
parce que, disaient-ils, Chico était intelligent mais... indomptable.
Un professeur, excédé, lui criera un jour devant toute la classe Chico:
" Dommage que le bagne de Cayenne soit fermé, on t'y aurait envoyé passer ton certificat ".

La famille Bouchikhi venait de s'installer
dans une HLM du quartier Griffefeuille, quand la vie de Chico croisa
celle des enfants du gitan le plus connu d'Arles, José Reyes. Le père
Bouchikhi, un Marocain d'Oujda, avait immigré en France en 1951. Sa
femme, une Algérienne de Tlemcen, et ses enfants l'y avaient rejoint.
Bien qu'étant maçon, il ne pensait qu'à l'éducation de ses enfants.
Leur vie ressemblait à celle de la majorité des familles maghrébines
immigrées, vivant dans les HLM françaises.
José Reyes, lui, habitait dans une caravane,
comme tous les gitans. Il campait dans le quartier des Bouchikhi. Sa
voix exceptionnelle avait fait de lui un des gitans les plus connus de
France et du monde. Le deuxième l'égalait en talent et en notoriété, et
n'était autre que son cousin, le fameux guitariste José et Manitas de
PLATAS travaillaient ensemble et enflammaient déjà les salles les plus
prestigieuses du monde, quand Chico partagea leur quotidien, voyant
José, au retour de ses tournées, reprendre le chemin des marchés pour
vendre toutes sortes de choses afin de subvenir aux besoins des enfants
de la tribu.
Chico, mon vélo contre une pastèque
Un jour que le petit Bouchikhi traînait dans le quartier, perdu dans
ses idées de mômes de 12 ans, Canut, l'un des fils Reyes du même âge
que lui, l'arracha à sa rêverie : "hey Chico ! mon vélo contre une
pastèque". Chico
"le garçon" n'avait ni argent ni pastèque. Il proposa alors à son
nouvel ami "d'aller en cueillir une". Ce jour-là, avec la disparition
d'une pastèque sur l'un des étalages du marché, Chico, alias Chico , fit son entrée dans la famille Reyes.
Le rebelle de la famille Bouchikhi passera ses
journées dans le campement des caravanes Reyes. Le père Reyes le
considéra tout de suite comme un des siens. Chico ne fut pas dépaysé : " Les
ambiances arabe et gitane se ressemblent. Tout tourne autour de la
famille. Les moeurs sont les mêmes. Les rôles de la femme et de l'homme
spnt établis de la même manière. Il y a un grand respect pour les
enfants, comme chez nous. Je vivais avec eux comme avec les miens. Mon
père travaillait dur. Nous étions très pauvres. Il nous donnait tout.
Chez les gitans, c'était pareil. On donne tout aux enfants, et si les
adultes ne mangent pas, ce n'est pas grave. "
Chez les Reyes, c'était comme chez les
Bouchikhi, avec la liberté et la musique en plus. Si les gitans
souhaitent que leurs enfants suivent une scolarité normale, ils ne font
pas de l'échec scolaire une affaire d'état, et puis, les guitares sont
une sorte de prolongement des bras des enfants. Un moyen, modeste
certes, de gagner son pain, mais un moyen quand même. " A
force d'être avec eux, un jour, à 17 ans, j'ai pris une guitare et j'ai
commencé à jouer. C'était un cadeau que le ciel me faisait. Je me suis
découvert un rythme et je me suis mis à jouer avec les enfants. Au
départ, il n'y avait pas d'idée de carrière. On s'amusait ". Puis très rapidement, Chico
se rendit compte du trésor que lui et les Reyes avaient entre les mains
et décida d'en faire leur destin. C'est ainsi que le raté de la famille
Bouchikhi deviendra le mentor des enfants Reyes. Celui à qui José
acceptera de donner la main de sa fille, Marthe, puis, sur son lit de
mort, celui à qui il confiera la relève.

La rencontre avec Chaplin
" Il
y a ceux qui, en regardant un terrain vague, ne voient que le terrain
vague, et ceux qui imaginent ce qu'il peut devenir. Je suis de ceux qui
rêvent, tout en restant très pragmatique. Les Reyes jouaient comme ils
vivaient, sans penser à l'avenir... Ce n'était pas mon cas. Et ils se
sont laissés complétement guider. " Chico subissait la
pression de sa famille. Il était le seul des enfants Bouchikhi à ne pas
avoir mené sa scolarité à terme, et celui dont l'avenir inquiétait les
siens, à juste titre; s'il s'était laissé aller à la vie gitane et s'il
se disait musicien, il fallait qu'il réussisse à s'en sortir avec sa
musique. Voilà ce qu'il lui restait à prouver à sa famille, et il était
le seul à croire qu'il pouvait y parvenir. Tous les étés, il organisa
alors des voyages en caravanes à destination de Saint-Tropez pour jouer
sur les plages, et amuser vedettes et nantis.
Il avait déjà à
l'époque l'âme d'un promoteur. Saint-Tropez, avec sa panoplie de stars,
promettait un avenir brillant. Toute la question était de réussir à
capter l'intérêt de ce beau monde pour pouvoir ensuite gagner le coeur
des plus puissants. Chico sait que, s'ils y parvenaient, les six musiciens qu'il venait de baptiser " Los Reyes ", en hommage à José, pouvaient espérer survoler un jour les sommets.
Il ne se trompa pas. Au lieu de se faire virer
des plages comme la plupart des musiciens qui essayaient de percer à
l'époque, Los Reyes gagnèrent les coeurs des stars et des adeptes de la dolce vita .
Ils devinrent les amis de Brigitte Bardot et de bien d'autres
personnalités. Mais malgré le pouvoir dont jouissaient leurs
admirateurs, la partie n'était pas pour autant gagnée et Los Reyes
rentraient en Arles à la fin de chaque été dans leurs caravanes
cahotantes, sans aucune promesse d'un avenir meilleur...
Les invitations pour animer des soirées
privées dans des pays dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence se
succédèrent pourtant. Los Reyes dépassèrent ainsi les limites de
Saint-Tropez pour aller amuser les rois, les princes et les grandes
vedettes du showbiz partout dans le monde. Mais ils se retrouvaient sur
la plage, à la fin de chacun de leurs voyages, avec comme unique bagage
leurs illusions perdues d'un avenir prometteur. " J'étais
le seul à croire à notre succès ultérieur. Eux étaient tristes malgré
eux. Moi, je pensais que c'était un don du ciel. Je ne cessais de les
pousser à aller jusqu'au bout de l'aventure. Ce qui me donnait cette
foi, c'était la réaction du public et des gens que j'admirais face à
notre musique. Ce qui était incroyable, c'est qu'entre nous et le
public, il n'y avait aucune barrière. Ce pouvait être des enfants, des
gens du troisème âge, des ouvriers de chez Renault ou des rois... Tout
le monde réagissait de la même manière. Les gens dansaient et parfois
même pleuraient ".
Le plus belle rencontre que Chico
ait faite, et qui lui permet de s'accrocher à son rêve malgré le
découragement des Reyes, fut celle avec Charlie Chaplin. Los Reyes
jouaient alors dans un restaurant à Lausanne.
"...
Ce
jour-là, le propriétaire est venu nous voir pour nous dire que, si nous
revenions le soir même, nous pourrions jouer pour Charlie Chaplin.
Voyant que l'idée me plaisait bien, Canut me demanda : "Charlie
Chaplin, c'est le clochard ? mais qu'est-ce que tu espères qu'un
clochard te donne ?" C'est beau non, cette confusion toute gitane entre
fiction et réalité... Nous sommes donc revenus chanter à la table de
Chaplin. En nous écoutant, une larme a glissé sur sa joue. On était
arrivé à charmer les charmeurs et à faire pleurer celui qui avait
réussi à faire rire la terre entière. Ce genre de rencontre était un
signe pour nous dire que nous étions sur la bonne voie. "

Le temps des vaches maigres
La vie de Chico
est parsemée de rencontres. Avec le recul, et notant leur impact sur
son destin, elles lui paraissent avoir été inévitables. Comme si rien
n'avait été laissé au hasard. Avec les Reyes il se découvrira une
vocation de musicien et de compositeur. C'est lui qui donnera au groupe
sa direction musicale. Il sera aussi bien leur manager, leur
porte-parole, que celui chargé de régler les moindres détails de leur
vie pratique. C'est également lui qui fera une place à José Reyes dans
le groupe et qui assura plus tard, à la mort de José. L'attitude de Chico lui valu le surnom de Little Big Man , donné par François Mattei, le biographe du groupe.
En 1983, certains d'un succès prochain, Chico décide de rebaptiser le groupe. les gitans passent alors de "LosReyes" aux "Gypsy Kings". " J'étais
convainsu de la valeur universelle de notre musique. Il nous fallait un
passeport universel, d'où le nouveau nom du groupe. Mais la production
n'était pas d'accord. C'était un nom anglais qui, de surcroît, ne
suggérait pas la musique des gitans ". L'entêtement de Chico
valut au groupe trois longues années de vaches maigres, durant
lesquelles les découragements se faisaient de plus en plus fréquents et
menaçaient de mettre fin à cette aventure musicale.
En 1986, les frères Reyes, plus abattus que jamais, reprennent chacun leur petite vie. Chico
rejoint sa caravane sous le pont d'Arles qui porte aujourd'hui son nom.
Plus gitan que les gitans, il est le seul à continuer à vivre dans une
caravane tout au long des douze mois de l'année. Entre klaxons et
chants, sans eau ni sanitaires, celui qui ne savait vivresans rêve,
cherchait déjà un nouveau projet.
En 1988, Jack Lang, alors ministre français de
la Culture, qui était de passage dans la région pour assister à la
féria de Nîmes, se laissa entraîner par Michel Vauzelle, porte-parole
de l'Elysée, et passa dire bonjour à Chico : " De
cette rencontre est née un grande amitié et le projet du festival
Mosaïque gitane et tzigane, visant à promouvoir la musique gitane. Nous
avons commencé à discuter de la situation des gitans, et Jack Lang m'a
demandé pourquoi je ne faisais rien pour promouvoir cette culture : je
lui ai réponsu que, s'il m'en donnait les moyens, je pourrais organiser
un festival d'art gitan et tzigane ". Huit jours plus tard, Jack Lang s'engage dans le projet et Chico est chargé de l'organisation du festival. " Le
premier soir de la première Mosaïque, un gitan est venu me voir. Il
devait remettre un trophée et un bouquet de fleurs à quelqu'un. Je
pensais que c'était destiné à Paco de Lucia qui devait se produire le
soir même. J'ai alors demandé à l'homme de venir juste avant son
concert. C'était le représentant d'une association de gitans rom. Le
trophée et les fleurs m'étaient en fait destinés : "Pour le bien que
vous faites aux gitans", me dit-il ". Le gitan beur venait ainsi d'acquérir une nouvelle dimension : celle de protecteur de la musique gitane.

Début du succès... et des ennuis
Il fallut donc dix ans de lutte acharnée pour que le succès sourie enfin aux " Gypsy Kings ".
En décembre 1987 et janvier 1988, ils triomphnet à la Cigale, puis sur
la scène du Zénith. Ils quittent enfin les salons des stars du showbiz
et des rois pour gagner les scènes internationales. Aux Etats-Unis, ils
effectuent trois tournées et jouent à guichets fermés : c'est la
première fois qu'un groupe "français" réalise un telle performance. Le
même phénomène se produira au Mexique, au Japon, en Angleterre, en
Australie et ailleurs... En 1989, trois millions d'albums sont vendus.
Les Gypsy Kings recevront quinze disques d'or. " Mon frère Chahib
travaillait à l'époque dans une maison de retraite arlésienne. C'est
commme cela que m'est venue l'idée d'offrir notre premier disque d'or à
Jeanne Calment qui y vivait alors. Nous avons joué pour les gens âgés.
Ils étaient très heureux ". Une victoire de la musique viendra couronner le travail du groupe. sans rêve, cherchait déjà un nouveau projet.
Mais les ennuis commencent pour Chico . Depuis 1986, le groupe avait pour Manager Claude Martinez. Un malentendu surgit en 1991, qui l'oppose à Chico . " J'ai
demandé des comptes à Martinez. C'est normal, non ? Ça ne lui a pas
plu. Les choses se sont aggravées. Martinez s'est arrangé pour faire
dire à mes beaux-frères qu'ils n'avaient plus besoin de moi. J'ai alors
quitté le groupe ".
Mais même si les beaux-frères ne jouent plus
ensemble en public, et malgré les tensions dues à la séparation, il
leur arrive de le faire en privé, lors de réunions de famille, autour
de Clémentine, la veuve de José, pour le plaisir de lui donner
l'occasion de s'entourer de tous ses enfants et petits-enfants, comme
au bon vieux temps, au temps où ils vivaient encore dans les caravanes.

Un nouveau départ
Chico
. est un optimiste, et la vie le lui rend bien. Il a connu des moments
très durs, suivis aussitôt d'événements qui lui permettaient de
rebondir. L'année 1991 est très éprouvante pour lui. Il perd à la fois
son premier bébé - Les Gypsy Kings -, et son père, Mohamed Bouchikhi.
Après avoir encaissé les coups du destin, Chico remontera la
pente, comme il sait si bien le faire. Il fonde un nouveau groupe,
"Chico et les Gypsies", avec de jeunes musiciens d'Arles et de
Montpellier. Producteur, directeur artistique et musicien du groupe, il
interprète les tubes internationaux de ses débuts sans pour autant
dormir sur sa gloire passée, car il composera nombre de nouveaux
morceaux, teintés de la saveur gitane, mais plus ouverts qu'auparavant
aux influences, si diverses, de la musique tzigane. Alors qu'il avait
été à l'origine des sonorités venues d'Orient dans les tubes des Gypsy Kings ,
aujourd'hui, il donne toute liberté à sa sensibilité orientale. Après
Vagabundo, qui a atteint un chiffre record avec 20 000 albums vendus,
sans compter les singles, il vient d'achever l'enregistrement de
Nomade, dans lequel il reprend un titre d'un chanteur algérien de
l'exil, Dahman el-Harachi.
Après avoir été gratifié du titre de protecteur de la culture gitane, Chico
a créé un refuge pour tous les gitans du monde, un lieu de fête
comprenant une bodega, une grande, des arènes, une esplanade, des
roulottes et, pour couronner le tout, une vue sur le Rhône, afin que
puissent se rencontrer les gens du voyage.
Au nom du frère
" Le hasard fait
bien les choses... Mon entrée à l'UNESCO pourrait résumer ma vie...
C'est l'histoire de mon histoire...." L'histoire de Chico Bouchikhi.
"En septembre 1994, j'étais en plein enregistrement du disque
Vagabundo, quand le téléphone sonna. Il était 10 heures du matin.
C'était l'Unesco. On invitait mon groupe à participer au grand
événement culturel qui accompagnait le premier anniversaire des accords
de paix israélo-arabes le soir même à Oslo. J'ai d'abord pensé que
c'était un gag ! Cela paraissait incroyable. Incroyable qu'on ait pu me
joindre au studio. Incroyable qu'on ait eu que quelques heures pour
rassembler quatorze musiciens et qu'on ait réussi à faire l'ouverture
du concert en arrivant... ".
Chico, le 13 septembre 1994, lors du premier anniversaire
des accords de Paix signés à OSLO entre Shimon Peres et Yasser Arafat.

Le monde entier a suivi cet événement à la fois politique et culturel.
La recette du concert a été versée au projet de reconstruction de Gaza
et de Jéricho. Yasser Arafat et Shimon Pérès montèrent ensuite sur
scène pour saluer l'artiste. " Ça,
c'est pour la petite histoire, mais la mienne était tout autre... on
dirait que tout a convergé par un hasard dont seul le maître du destin
détient le secret pour me ramener vingt et un ans en arrière. J'avais
alors 18 ans. Mon grand frère, Ahmed, venait d'être abattu en Norvège
par le Mossad. C'était une erreur... Il a fallu cet événement. Le
pardon le plus difficile est celui de ceux qui ont été, comme moi,
blessés dans leur chair. C'était plus qu'un accord sur le papier pour
moi... Après Oslo, j'ai eu envie d'organiser une nuit de la tolérance
en Arles. Il était importan de donner une dimension à l'événement et à
son message. J'ai alors contacté l'Unesco pour le parrainage de cette
nuit. J'avais prévu un plateau international : musique gitane des
quatre coins du monde, mais aussi musique arabe, musique berbère....
L'Unesco a accepté et a envoyé quelques uns de ses représentants pour
assister à l'événement. C'est là qu'en parlant d'Oslo, je leur ai parlé
de mon frère... ".
Frederico Mayor fut mis au courant de l'histoire. Touché par l'attitude de Chico
, par ses démarches fédératrices et par sa musique universelle, il
décide de le nommer envoyé spécial pour la paix à l'Unesco. C'était en
1995.
Une chaîne musicale de la paix
Les activités de Chico
s'intensifient. Sa nomination à l'Unesco n'est pas simplement
honorifique. Son rôle consiste à organiser des événements culturels
pour répondre aux besoins des peuples défavorisés. Il organisa, entre
autres, le cinquantième anniversaire de l'Unesco et profita de
l'occasion pour rendre hommage au peuple algérien, à ses artistes et à
ses femmes, en invitant Khaled, le roi du raï, et Hassiba Boulmerka,
l'athlète algérienne.
Le but de Chico est de " réaliser
une chaîne musicale de la paix en posant ses maillons dans les
différentes villes du monde. Le prmeier maillon a été posé à Arles. Le
second, à l'Unesco puis, en 1996, à Ramallah. j'ai un nouveau projet
pour la Palestine. J'attends l'aval de l'Unesco. Mon objectif est à la
fois de promouvoir la tolérance et la paix, et de récolter des fonds
pour répondre aux besoins du pays où nous nous trouvons... J'ai proposé
une nuit pour l'Algérie. Elle regrouperait des musiciens algériens,
mais aussi des musiciens d'autres nationalités, connus
internationalement. Les recettes iraient au Croissant-Rouge... ou à
d'autres institutions. Ce ne sont pas les besoins qui manquent là-bas.
J'attends l'aval de l'Unesco pour ce projet aussi, car ce n'est pas la
peine d'entreprendre l'organisation d'un tel événement et de faire
illusion à la douleur des autres si l'on n'est pas sûr de pouvoir faire
passer le message de paix, d'une part, et de pouvoir aider le peuple
qui souffre, d'autre part ".
Chez les gitans, les
musiciens se succèdent de père en fils. C'est le seul héritage que
laissent les parents et le seul hommage que peuvent faire les enfants à
leur identité gitane et à leur famille : " José
m'a confié le flambeau. Oui, on peut dire qu'il voyait en moi son
successeur. Aujourd'hui, ce sont mes enfants qui poursuivent mon chemin
". Reda, l'aîné de Chico , a 17 ans. Il a quitté l'école
assez tôt pour vivre de la musique. Tonino-Nabil, lui, a 14 ans et
poursuit sa scolarité. Myriam enregistre, à 9 ans, son premier disque
avec deux autres petits gitans, une cousine et le fils d'un ami. Chico en est très fier, et c'est aujourd'hui les voix de ses enfants qui le font pleurer...
Amaya Elbacha